Les vêtements de chantier se mettent au vert

Nos ressources / Raphaelle

L’heure est à la mode durable et écologique. Progressivement, la tendance gagne aussi les vêtements et les équipements destinés aux professionnels de la construction.

 

 

 

Est-il possible de trouver des vêtements professionnels plus durables, affichant des critères écologiques mais aussi plus équitables ? L’offre des fabricants, depuis la conception jusqu’à la fin de vie de leurs produits, commence à se structurer.

 

L’enjeu est double : répondre à une demande croissante des consommateurs, mais aussi des entreprises. Car celles-ci sont de plus en plus nombreuses à adopter des démarches de responsabilité sociale et environnementale (RSE).

 

Des vêtements professionnels déjà vertueux

L’industrie textile est la deuxième industrie la plus polluante au monde. Gaspillage des ressources, pollution des sols et des eaux : les grandes marques de mode sont régulièrement critiquées pour leur bilan environnemental.

 

A l’heure de la « fast fashion », les vêtements professionnels se sont néanmoins depuis longtemps démarqués par un comportement plus vertueux que les autres acteurs de cette industrie. Le « bleu de travail » est en effet conçu avant tout pour durer et ne souffre pas d’un modèle poussant à renouveler son design chaque année.

 

Mais certains acteurs produisant des vêtements et équipements professionnels montrent aujourd’hui un engagement encore plus poussé.

 

Vêtements de chantier : vers plus de durabilité

Il n’est pas forcément facile de conjuguer une offre à prix abordable, mais aussi de répondre aux contraintes techniques et de normes s’appliquant aux vêtements professionnels, avec les exigences du développement durable.

 

Une offre écologique et responsable commence néanmoins à apparaître. Car la demande pour des vêtements de travail plus vertueux, bien qu’encore modeste, est croissante. 

 

Des labels à rechercher

Différents labels permettent d’attester du respect de normes environnementales et/ou sociales dans l’industrie du vêtement. L’utilisation d’un textile certifié « GOTS » (issu de l’agriculture biologique) notamment. Mais force est de constater que cette offre est aujourd’hui très réduite pour les vêtements destinés aux professionnels du bâtiment.

 

D’autres certifications sont en revanche plus faciles à trouver. On pourra par exemple citer :

  •  
  • OEKO-TEX Standard 100 : label qui certifie la non utilisation de substances nocives à toutes les étapes de fabrication du vêtement ;
  • Fair Trade / Max Havelaar : label de commerce équitable garantissant les conditions de rémunération et de travail des producteurs de coton ;
  • ISO 14001 : norme certifiant un système de management environnemental, attestant des actions de l’entreprise pour réduire son impact écologique.

 

Quelques exemples d’entreprises vertueuses

Quelques entreprises ont commencé à proposer une gamme de produits répondant à un ou plusieurs de ces standards de développement durable.

 

Parmi celles développant des vêtements de travail à destination des professionnels du bâtiment, on pourra citer par exemple Mulliez-Flory, DMD-France, Muzelle Dulac Hasson, Molinel ou Gedivepro.

 

On notera que Gedivepro s’était lancé en 2015 sur une marque Made in France, bio et équitable baptisée « Lexagone ». Las, celle-ci semble ne plus être produite à l’heure actuelle.

 

Une initiative à connaître également : la prestation de service proposé par MEWA. L’entreprise propose de louer ses vêtements de travail plutôt que de les acheter. Ceux-ci sont nettoyés en respectant des critères environnementaux et sont réparés lorsqu’ils sont endommagés.

 

Et pour les chaussures de sécurité ? Une seule marque, Cofra, s’est lancée pour l’instant dans une gamme présentée comme « écologique ». Pas de matières naturelles sur ses modèles. Mais ceux-ci comportent une grande partie d’éléments en matières recyclées.

 

 

Guide d’achats responsables. En Belgique, les associations achACT et écoconso éditent un mode d’emploi de l’achat public écologique et socialement responsable des vêtements de travail et promotionnels. A quand une telle initiative pour la France ?

 

Une seconde vie pour les équipements usagés

Que faire des vêtements de travail et autres équipements de protection individuels (EPI) une fois ceux-ci hors d’usage ?

 

Le secteur du BTP a longtemps été en retard par rapport à d’autres, tels l’hôtellerie-restauration, pour proposer une filière de revalorisation. Mais les choses bougent.

 

Recyclage des vêtements de chantier

Les textiles, souvent composés de matières techniques, s’avèrent difficile à revaloriser. Mais des solutions sont proposées par certaines marques.

 

Mulliez-Flory, Muzelle Dulac Hasson ou Molinel, ont mis en place un service de collecte et de recyclage de leurs vêtements usagés. Le groupe Cepovett mène également une expérimentation en ce sens, en partenariat avec Vinci.

 

Les vêtements récupérés seront donnés à des associations, effilochés pour être réutilisés en isolant ou utilisés sous forme d’énergie en substitution au fioul.

 

Recyclage des EPI

Afin d’assurer une sécurité constante, les EPI ont une durée de vie limitée. Ils deviennent ensuite des déchets de chantier. Alors que les directives européennes imposent leur réduction, des initiatives émergent.

 

CasquEthic. Proposée par la société Triethic, CasquEthic est une nouvelle solution de recyclage des casques de sécurité du BTP. Collectés, puis démantelés, les casques gagnent une seconde vie par leur transformation en matières premières.

 

Lunettes Verre2Vue. Le fabricant de lunettes de sécurité Verre2Vue a mis en place avec son « Opticabox » une solution de collecte des lunettes de sécurité sur le lieu de travail. Celles-ci sont ensuite en partie recyclées et en partie revalorisées en combustible.

 

Cordes Courant. Le fabricant angevin de cordes et équipements de travaux en hauteur Courant est engagé depuis plusieurs années dans le recyclage de ses produits.

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