Trompe l’œil : quand l’architecture joue avec nos sens

Nos ressources / Nicolas

Découvrez comment au fil des siècles le trompe l’œil architectural a été utilisé pour des raisons esthétiques, pratiques, ou loufoques !

 

Façade en trompe l’œil du théâtre Saint Georges à Paris

 

Dès l’antiquité, l’architecture joue avec l’agencement des volumes et des espaces, avec les perspectives et les formes pour magnifier l’aspect visuel des bâtiments.

 

Or nos yeux, et donc notre vision, possèdent des caractéristiques et des limitations bien précises. Pour ceux qui ont analysé et compris ces éléments, il est donc possible de jouer avec nos sens et même de les manipuler.

 

C’est ce que l’on appelle aujourd’hui un trompe l’œil.

 

Un usage architectural dès la Grèce antique

 

Le Parthénon à Athènes

 

La Grèce ancienne est un des principaux berceaux culturels dans le monde. Elle a développé un sens très poussé de l’esthétisme basé sur les notions d’harmonie et de proportions « idéales ». Cette recherche d’esthétisme va se retrouver dans les modèles d’architectures de l’époque et en particulier pour les bâtiments religieux.

 

Concrètement, les bâtisseurs grecs avaient remarqué que la vision humaine déformait les lignes horizontales et verticales. Un bâtiment entièrement droit et uniforme dans sa construction apparaît ainsi légèrement courbé à nos yeux.

 

Pour « corriger » cette déformation, le temple du Parthénon à Athènes est alors construit sans aucune ligne droite ! Chacun des 100.000 blocs qui le constitue est unique et ils ne sont pas interchangeables. De plus, les colonnes sont plus épaisses, jusqu’à 1/3 de plus, sur la hauteur. C’est une technique de correction optique appelée aujourd’hui Entasis.

 

Le résultat est tout simplement bluffant puisque le Parthénon nous apparaît sous différents angles et à différentes distances comme toujours parfaitement droit et proportionné. Il s’agit donc d’un véritable trompe l’œil architectural dont le but est de donné à voir une harmonie rigoureuse mais artificielle.

 

Les romains ont également utilisé ce genre de procédés ainsi que des trompe l’œil picturaux en peinture et mosaïque. Cet art romain du trompe l’œil avait pour but d’agrandir les habitations et d’imiter à moindre frais les décorations sculptés.

 

Le moyen-age en Europe va mettre un terme au développement du trompe l’œil en général, jugé comme profane et quasi maléfique par son côté « magique ».

 

La renaissance du trompe l’œil

 

Villa Farnesina – Salon des perspectives- Baldassarre Perruzi

 

Le trompe l’œil va cependant effectuer un retour en grâce à l’époque de la renaissance, se raffiner et atteindre son apogée chez les artistes italiens du 16e et 17e siècle.

 

Une œuvre majeure comme le plafond de la chapelle Sixtine de Michel-Ange comporte de nombreux faux relief en marbre et joue sur les perspectives pour donner une impression de grandeur amplifiée.

 

L’exemple le plus connu reste l’incroyable voûte de Saint Ignace à Rome du peintre jésuite Andrea Pozzo. Réalisé selon la technique de l’anamorphose, ce ciel qui semble immense et profond est en réalité peint sur une surface quasi plane ! L’anamorphose fait que quelque soit le point de vue du spectateur, la perspective est déformée.

 

Voûte de l’église Saint Ignace – Rome – Andrea Pozzo

 

A côté de la voûte, on peut également admirer une coupole en trompe l’œil du même artiste. La légende prétend que les voisins auraient interdit de construire une véritable coupole pour ne pas perdre de luminosité. La maîtrise du trompe l’œil d’Andréa Pozzo aura permis de satisfaire tout le monde.

 

Les travaux de Pozzo vont d’ailleurs inspirer des artistes contemporains comme l’hollandais M.C Escher. Il travaillera en particulier sur des concepts d’architectures impossibles usant du trompe l’œil pour créer des formes et des agencements improbables.

 

Le trompe l’œil aujourd’hui

Tapisserie moderne effet 3D

 

De nos jours, le trompe l’œil s’est largement démocratisé et ouvert au grand public. Papiers peints, dalles PVC qui reproduisent des matières comme marbres ou les briques sont devenus des décorations standards. De même avec des posters ou affiches qui permettent d’installer une fausse bibliothèque ou une fausse fenêtre en décoration d’intérieur.

 

A l’échelle des bâtiments, le trompe l’œil est de plus en plus à la mode dans les rues de nos métropoles pour embellir notre quotidien. Les murs aveugle et les façades ternes deviennent de véritables attractions et les possibilité offertes par l’environnement urbain sont innombrables.

 

Trompe l’œil dans les rues de Paris

 

A peine visibles pour le passant en se fondant dans le décor, totalement décalés et loufoques, les trompes l’œil modernes ont plus que jamais la côte.

 

Et avec l’émergence de nouvelles technologies, notamment pour diffuser des images sur des façades entières ou en 3D, cet engouement n’est pas près de s’arrêter.

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